Marius, 17 ans : quand les réseaux sociaux deviennent le terrain de jeu de l’agriculture

À Machecoul-Saint-Même, en Loire-Atlantique, un adolescent a trouvé un moyen original de raconter la vie des champs. À 17 ans, Marius Prou filme les tracteurs, les vaches et les paysans qu’il côtoie, puis diffuse ses vidéos sur TikTok, Facebook et Instagram. Avec son concept d’« agromotion », il transforme la passion agricole en images partagées, redonnant visibilité et fierté à un monde souvent méconnu.

Un adolescent happé par les champs

Quand ses parents sont revenus s’installer dans leur commune d’origine, Machecoul-Saint-Même, Marius avait 13 ans. Jusque-là, il avait grandi en Sarthe, éloigné des terres familiales. Le retour en Loire-Atlantique a tout changé. En renouant avec l’histoire de son grand-père, ancien agriculteur à Arthon-en-Retz, il a découvert un environnement qui l’a immédiatement captivé : la mécanique des engins, le rythme des saisons, les troupeaux dans les pâtures.

« J’ai vite su que c’était là que je voulais être », confie-t-il. Pendant que d’autres adolescents passent leurs week-ends sur les terrains de sport ou derrière les écrans, lui préfère donner un coup de main dans les fermes voisines.

De l’été à la caméra

Dès ses premières expériences comme saisonnier agricole, Marius a pris l’habitude d’immortaliser ce qu’il voyait. Un simple téléphone au départ, puis, grâce aux salaires gagnés en remplacement d’agriculteurs ou lors des récoltes, il s’est offert du matériel plus sophistiqué : appareil photo, caméra d’action, micros et même un drone homologué.

Il s’est formé seul, passant des heures à visionner des tutoriels et à tester ses réglages sur le terrain. « On apprend en pratiquant, en ratant parfois, puis en trouvant peu à peu le bon angle », raconte-t-il.

Aujourd’hui, il dispose d’un équipement complet qui lui permet de varier les points de vue, du sol aux airs, en passant par l’intérieur des cabines de tracteurs.

L’invention de l’« agromotion »

Rapidement, Marius a voulu donner une identité à sa démarche. De là est né le terme agromotion, qu’il définit comme la rencontre entre agriculture et mouvement. Il en a fait son pseudonyme sur les réseaux sociaux et sa marque de fabrique.

Sur ses pages TikTok, Facebook et Instagram, il publie régulièrement des vidéos filmées sur les exploitations de sa région. Avant de tourner, il demande toujours l’accord des agriculteurs. En échange, il leur propose gratuitement les images, qu’ils peuvent ensuite partager ou conserver comme souvenirs.

« Les paysans passent leur vie à travailler, mais n’ont jamais l’occasion de se voir en pleine action », explique-t-il. Ses vidéos deviennent alors autant de portraits de métiers que de traces personnelles.

Entre tracteurs et bovins

Parmi ses sujets de prédilection, on retrouve les vaches charolaises et les gros engins agricoles, machines imposantes qu’il filme sous toutes les coutures. Mais il s’intéresse aussi aux moments de rassemblement, comme les concours et les comices agricoles.

Lors de la foire de Machecoul, sa commune, il a été choisi pour réaliser les portraits des éleveurs et les photos officielles du concours bovin. Une mission qui lui a permis de conjuguer passion, reconnaissance et visibilité.

Un regard neuf sur l’agriculture

Ce qui séduit dans ses productions, c’est la manière dont il met en avant la beauté d’un travail exigeant. Ses vidéos alternent plans serrés sur les gestes des agriculteurs, travellings dans les champs, images aériennes de moissons au coucher du soleil. Loin des clichés de crise ou de déclin, il montre une agriculture vivante, moderne et fière.

En quelques mois, son audience a grandi. Des agriculteurs d’autres départements le contactent pour qu’il filme leurs récoltes. Ses images circulent aussi dans les communautés rurales, devenant une vitrine numérique pour des métiers souvent invisibles.

Une passion qui ouvre des perspectives

Pour Marius, l’agromotion n’est pas seulement un passe-temps : c’est un projet de vie. À 17 ans, il ne sait pas encore s’il sera agriculteur, vidéaste professionnel ou les deux. Mais il est certain que son avenir passera par ce lien entre la terre et l’image.

Son initiative rappelle que les réseaux sociaux ne se résument pas aux influenceurs urbains ou à la mode éphémère. Ils peuvent aussi servir à valoriser un patrimoine vivant et à rapprocher le grand public d’un univers trop souvent méconnu.

L’agriculture en héritage

À travers son objectif, Marius poursuit en réalité une histoire familiale. En mettant en avant les agriculteurs de sa région, il rend hommage à son grand-père et à tous ceux qui l’ont inspiré. Il perpétue aussi, à sa manière, un dialogue entre générations : celui d’un jeune qui, plutôt que de s’éloigner des champs, choisit de les raconter avec un regard neuf.

« Agromotion, c’est ma passion », répète-t-il volontiers. Une formule simple qui résume un engagement sincère : celui de filmer l’agriculture pour mieux la partager et la faire aimer.

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